Comprendre le Brésil
Quitte à être à l'autre bout du monde, autant ouvrir les yeux, les oreilles et les papilles !
Ici, je partage avec vous ma compréhension du Brésil : qui sont les brésilien(ne)s ? Quelle est leur histoire ? ...
L'avortement au Brésil : interdiction et sanctions pénales
L'avortement au Brésil est un sujet de débat intense, reflétant les tensions entre les valeurs conservatrices prédominantes et les mouvements en faveur des droits des femmes. Actuellement, la législation brésilienne n'autorise l'avortement que dans trois situations spécifiques : en cas de viol, lorsque la vie de la mère est en danger, ou en présence de graves anomalies fœtales. En dehors de ces exceptions, l'avortement est illégal et passible de sanctions pénales.
Cadre légal actuel
Les femmes qui pratiquent un avortement en dehors des cas prévus par la loi encourent une peine d'emprisonnement d'un à trois ans. Les professionnels de santé ou toute autre personne impliquée dans la réalisation de l'avortement risquent, quant à eux, une peine de un à quatre ans de prison. Cette législation restrictive pousse de nombreuses femmes à recourir à des avortements clandestins, mettant leur santé et leur vie en danger.
Propositions législatives controversées
En juin 2024, un projet de loi présenté au Congrès brésilien a suscité une vive opposition. Défendu par des députés évangéliques, ce texte propose de requalifier tout avortement pratiqué après 22 semaines de grossesse en "homicide simple", y compris lorsque la grossesse résulte d'un viol. Les peines envisagées pourraient aller de six à vingt ans de prison, soit le double de la peine encourue par un violeur au Brésil. Cette proposition a été envoyée directement à la Chambre des députés sans débat en commission, alimentant les inquiétudes des défenseurs des droits des femmes.
Mobilisation sociale
Face à cette tentative de durcissement de la législation, des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes du pays, notamment à Rio de Janeiro, São Paulo, Brasilia et Florianopolis. Les slogans tels que "Être une fille, ce n'est pas être une mère" ont résonné dans les rues, exprimant le refus de voir les victimes de viol contraintes à poursuivre une grossesse non désirée.
Conséquences pour les jeunes filles
Les statistiques sont alarmantes : en 2022, sur les 74 930 personnes victimes de viol au Brésil, 61,4 % avaient moins de 14 ans. Chaque année, environ 20 000 filles de moins de 14 ans deviennent mères dans le pays. Ces chiffres soulignent la vulnérabilité des jeunes filles face aux violences sexuelles et les défis qu'elles rencontrent pour accéder à des services d'avortement légaux et sûrs.
Témoignage et initiatives
Le parcours de Rebeca Mendes illustre les obstacles auxquels sont confrontées les femmes brésiliennes. En 2017, après s'être vu refuser l'autorisation d'avorter par la Cour suprême, elle a dû se rendre en Colombie pour interrompre sa grossesse. Depuis, elle milite pour le droit à l'avortement sûr et légal, et a fondé le Projet Vivas, une ONG qui a déjà aidé plus de 400 femmes à accéder à des avortements sécurisés, que ce soit au Brésil ou à l'étranger.
Conclusion
La question de l'avortement au Brésil demeure un sujet sensible et polarisant. Les tentatives de durcissement de la législation rencontrent une résistance significative de la société civile, qui plaide pour la protection des droits des femmes et des jeunes filles. L'avenir de la législation sur l'avortement au Brésil dépendra des débats en cours au sein du Congrès et de la mobilisation continue des citoyens.
Le Brésil, le royaume de la chirurgie esthétique : une immersion dans une culture fascinante
Le Brésil, royaume de la chirurgie esthétique : une culture décomplexée qui fait réfléchir
Le Brésil occupe une place unique dans le monde de la chirurgie esthétique. En 2019, il a été le pays ayant réalisé le plus grand nombre d’interventions chirurgicales esthétiques, représentant 13,1 % des opérations mondiales. Parmi les interventions les plus courantes, on trouve l’augmentation mammaire, la liposuccion et la chirurgie des paupières.
Ce succès repose sur plusieurs facteurs : un accès facilité aux soins, des chirurgiens mondialement reconnus et un climat qui met naturellement en valeur le corps. Dans ce contexte, les Brésiliens perçoivent la chirurgie esthétique comme une extension naturelle du soin de soi, sans les tabous qui subsistent dans d'autres parties du monde.
Une réflexion personnelle face à cette culture
En vivant ici - au Brésil, je découvre cette approche décomplexée de l'esthétique, et je dois avouer qu’elle m’interpelle.
À 41 ans, bien que je n’aie jamais envisagé de chirurgie esthétique, cette immersion m’invite à la reflexion.
Ici, il est tout à fait courant de parler ouvertement d’interventions, d’organiser des événements comme des "Botox Days", et d’aborder ces pratiques comme un simple moyen de prendre soin de soi. Cette perspective m'a poussée à m'interroger : si ces solutions sont à portée de main et socialement valorisées, qu'est-ce qui m’empêche d’y penser moi aussi ?
Sans être la dernière au fait des tendances, j'ai toujours essayé d'explorer la féminité et la confiance en moi, mais sans envisager de modifier mon corps.
Cependant, être entourée d’exemples de transformations réussies et d’un discours bienveillant sur le sujet ébranle certaines certitudes.
En observant cette culture, je réalise que l'important n'est peut-être pas tant de savoir si l'on choisit ou non ces options, mais plutôt de se sentir alignée avec soi-même.
Une culture qui inspire
Cette immersion dans la culture brésilienne est enrichissante. Elle me pousse à voir la chirurgie esthétique sous un jour différent, non pas comme un luxe ou une superficialité, mais comme une pratique normale et accessible pour celles (et ceux) qui le souhaitent. Cela ne veut pas dire qu'il faille y succomber, mais cela ouvre la porte à une réflexion sur la manière dont chacun peut chercher à se sentir bien dans son corps, sans jugement.
Au final, être ici me rappelle que la féminité est une quête personnelle, et que les outils modernes sont là pour nous offrir des choix.
Le plus important reste d’embrasser ces choix en restant fidèle à soi-même.
Les Brésiliens ont été élire leurs maires et les membres du Conseil municipal
Les Brésilien(ne)s avaient rendez-vous aux urnes dimanche 6 octobre pour élire les maires et les conseillers.
L'occasion pour moi de comprendre un peu mieux le système de vote ici au Brésil avec Darcilla. Merci à elle pour son aide !
Aline, la compagne Brésilienne de Christian qui vit à Sao Paulo nous précise : "J’ai travaillé ce dimanche en tant que président d’un bureau de vote et c’est pour cela que j’ai eu au total quatre jours de congé pour me rendre en France ! 😎 Il est intéressant de mentionner que grâce à notre système de vote électronique, nous avons eu tous les résultats le même jour "
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, voici un complément d'information :
Les élections municipales brésiliennes de 2024 ont lieu le 6 octobre 2024, avec un second tour fixé le 27 octobre 2024, si nécessaire.
Ces élections désigneront le maire et les membres du Conseil municipal.
Ces élections sont analysées comme une victoire pour les partis du Centrão, qui regroupe les partis centristes. Le Mouvement démocratique brésilien (MDB) se maintint comme le plus grand parti du Brésil en remportant le plus grand nombre de conseillers, et le parti Progressistes (PP), le Parti social démocratique (PSD), le Parti libéral (PL) et l’Union Brésil complètent la liste des cinq partis ayant obtenu le plus de conseillers élus au premier tour.
À gauche, le Parti des travailleurs (PT) échoue à capitaliser sur le bilan de Lula da Silva à la tête du gouvernement, marqué par le recul de la pauvreté et du chômage et la stabilité économique. Le parti remporte une cinquantaine de municipalités de plus que les 180 obtenues en 2020 mais ne gagne aucune des 26 capitales au premier tour et perd notamment la ville d’Araraquara (230 000 habitants, État de São Paulo). Mis en difficulté suite à sa contre-performance lors des élections municipales de 2020 , le parti de Lula avait dû renoncer à présenter ses propres candidats dans la plupart des capitales régionales, préférant soutenir des candidats d’autres partis, comme le maire sortant centriste Eduardo Paes à Rio de Janeiro et Guilherme Boulos, du Parti socialisme et liberté, à São Paulo.